S'entourer d'une équipe médicale
Lorsque j’ai finalement admis que j’avais besoin d’aide, il a fallu que je trouve où demander de l’aide. Je suis à un moment là je vis au ralenti, tout me semble être un danger, personne ne peut me comprendre, j’ai l’impression que ma parole sera systématiquement remise en cause. Comment trouver de l’aide dans ce contexte ?
Le médecin généraliste
Je suis très peu tombé malade dans ma vie jusqu’ici et je connais personne qui a consulté de psy (-chologue ou -chiatre). Mon seul point d’entrée pour tout ce qui est médical est mon médecin traitant. Par contre je sens que je ne saurais pas expliquer lui pourquoi je le consulte. La crainte de ne pas être compris alimente mon angoisse alors je décide d’écrire une note dans mon téléphone et je lui montre lors du rendez-vous. J’en ressors avec un arrêt de travail, un bilan sanguin à faire et le contact d’une psychanalyste. Il comprend ma réticence à prendre des médicaments, me confirme qu’il peut y avoir des effets secondaires tout en rappelant que l’effet primaire pour le moment est des idées de ma disparition de cette planète donc ça vaut peut être le coup de le considérer. Pas faux.
Psychologue (et non psychanalyste)
Là on rentre dans la zone que je ne connais pas. Je me renseigne un peu sur la psychanalyse et je suis assez sceptique. Je suis partagé entre tester la recommandation de mon médecin ou trouver quelqu’un par moi-même. Sauf que ça me fait beaucoup trop cogiter par rapport à l’énergie que j’ai de disponible alors je laisse tomber la psychanalyse. Sur Doctolib je cherche “psychologue”, je parcours quelques fiches sauf que je ne comprends pas vraiment les différents sigles (TCC, EMDR, ICV, …) alors je décide de prendre rendez-vous chez quelqu’un de disponible rapidement et pas trop loin de chez moi.
Je prépare le premier rendez-vous avec la même approche : je documente ce qui m’a amené en en être là mais en version plus détaillée, beaucoup plus détaillée. Je raconte tous les détails en remontant là où j’estime que cela a démarré avec pour objectif d’être bien compris. Lors du premier rendez-vous on passe ce document en revue ce qui permet d’installer le contexte. C’est elle qui, voyant que ma disparition devenait un sujet, m’a fortement encouragé à consulter un psychiatre.
Psychiatre
Pareil, j’y connais rien et je ne connais personne qui en a rencontré (en tout cas on n’en parle pas). Je reprends la même approche : Doctolib → dispo rapide → RDV. Pour le premier rendez-vous je prépare un document mais il ne le regarde pas. Pour une raison que j’ignore je ne mentionne pas les pensées sombre que j’ai pu avoir. Peut-être que je ne me sentais pas suffisamment à l’aise. La consultation est assez rapide et je ressors avec une ordonnance de je ne sais pas trop quoi et que je ne prendrai pas. Je retourne le voir deux semaines plus tard car je sentais que j’avais oublié de mentionner cet élément important de ce qu’il m’arrivait. Pareil, peu d’écoute, ordonnance, médicament … sans plus d’explications. A ce stade, je ne prends pas les médicaments. Je n’étais déjà pas à l’aise avec le fait d’associer mon bonheur à la prise de médocs et encore moins quand j’ai aucune idée de la raison pour laquelle je les prends. Quand je lui demande si je dois continuer à voir la psychologue, il me répond “bah à votre avis ? D’un côté vous avez un médecin, d’un autre côté quelqu’un qui n’est pas médecin”.
Plus tard, voyant que la situation ne s’améliore pas suffisamment je décide de chercher un autre psychiatre. Et là, c’est un soulagement ! Elle m’écoute, prend des notes, évoque le mot de dépression en me disant immédiatement que c’est une maladie biologique et qui se traite très bien. Elle me parle aussi du rôle des médicaments en disant dès le premier rendez-vous que l’objectif est de les arrêter progressivement et que je n’ai plus jamais de rendez-vous dans son cabinet. Je lui demande s’il je dois continuer la thérapie en parallèle, elle me répond que c’est absolument nécessaire et que c’est la combinaison de tout ça qui m’aidera. Et j’ai aussi un point de repère : 6 mois à 1 an. Cette approche me rassure, je me sens enfin pleinement accompagné.
En tout il m’a fallu 2 mois pour m’entourer de professionnels de santé : médecin traitant + psychologue + psychiatre = mettre les chances de mon côté pour guérir.
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