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Les signes d'inquiétude

Hurt
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Il y a eu plusieurs signes au fil du temps qui auraient dû m’alerter mais que j’ai ignoré. Jusqu’au moment où je ne pouvais plus ignorer.

L’agoraphobie

Ça a commencé par des sensations d’étouffement dans les transports. La première fois c’était en voulant prendre un tram bondé, j’ai eu l’impression de manquer de souffle et j’ai senti que je devais sortir. C’était la première fois que ça m’arrivait, j’ai terminé mon chemin à pieds et je n’y ai plus prêté attention.

Quelques temps plus tard, rebelote ! Cette fois-ci dans le métro à l’heure de pointe, j’ai l’impression de manquer de souffle, que la rame de métro s’enferme sur moi et que je dois sortir. Je laisse passer 2 ou 3 métros jusqu’à voir une rame pas trop bondée et j’arrive à rentrer. Pour autant, je me dis qu’il y a quelque chose qui cloche.

Par précaution je vais voir un médecin généraliste. Ce n’est pas mon médecin habituel, il me fait un électrocardiogramme et je ne présente aucune alerte. Il me pose des questions sur mon stress du moment, j’ai l’impression que ça va, je lui réponds qu’il y a quelques coups de rush mais ça fait partie de la vie d’adulte. Je ressors globalement rassuré car je n’ai pas de problèmes cardiaques sans pour autant avoir d’explication sur ces sensations d’étouffement.

Ces épisodes se reproduisent de manière aléatoire par la suite et quand je le peux, j’essaye de prendre sur moi en me disant que ce n’est pas rationnel et ça finit par passer au bout de quelques minutes. Globalement, j’essaye de m’habituer au lieu de traiter le problème de fond.

Les douleurs musculaires et articulaires

Ça avait commencé avec des douleurs au dos, mais j’en ai toujours eu alors je 'n’y ai pas trop fait attention. Puis il y a eu des crampes qui apparaissaient, suffisamment fortes pour que je dois interrompre ma séance de sport. D’ailleurs je démarrais ma journée avec une crampe quand je posais le pied au sol en sortant du lit. J’ai eu un épisode avec la mâchoire bloquée du côté droit qui a fini par se débloquer d’elle même. Puis une douleur à l’épaule sans raison apparente (pas de choc en gros) qui a nécessite une petite intervention.

La fatigue

Comme tout le monde j’ai toujours eu des périodes avec plus ou moins de fatigue et ça a toujours fini par passer. Puis arrive le moment de cette grosse fatigue, comme un énorme poids posé sur moi qui refuse de partir, la tête toujours dans un brouillard qui ne se dissipe jamais. Les jours passent, puis les semaines et je suis toujours autant fatigué. Je dors mal, le sommeil est haché, je me réveille fatigué, je cale des siestes après le déjeuner mais ça n’aide pas vraiment. La tête est lourde, les gestes sont lents, comment si le reste du monde avait été passé en avance rapide. Toute décision devient une montagne, je n’ai la force de rien, je n’ai envie de rien, rien de bien ne peut m’arriver, tout devient un problème potentiel alors je m’isole. Faire des choses me fatigue, ne rien faire me fatigue.

Les idées sombres

Puis tout commence à se mélanger dans la tête, le passé, le présent, l’avenir. Je ne retiens que les événements douloureux, tout ce qui s’est mal passé, la fatigue du moment dont je pourrai jamais me relever et donc forcément un avenir où le monde a avancé sans moi. Puis il y a eu un premier flash d’un scénario sombre. Quelques temps plus tard, un autre flash, autre scénario, toujours sombre. Puis un troisième, plus rapproché cette fois-ci et qui s’enchaine par un quatrième.

Je n’ai aucun attrait pour ma disparition et malgré la fatigue je suis suffisamment lucide pour savoir que je ne dois pas penser à ça. C’est scénarios sombres sont trop précis. Heureusement, j’ai été sensibilisé à la santé mentale il y a quelques années et je décide de ne pas les ignorer.

J’ai été sensibilisé à encourager les autres à prendre soin d’eux mentalement, c’est mon tour, et je sais pas du tout par où commencer mais les signes sont suffisamment inquiétants pour ne pas me lancer.

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