Repenser la place du travail dans sa vie
Je suis en train de vivre une épreuve difficile où chaque jour demande un effort énorme pour faire des choses qui me semblaient basiques avant. Le contexte professionnel dans lequel j’ai évolué à provoqué aujourd’hui un isolement duquel je ne vois pas le bout, et honnêtement j’ai du mal à croire qu’un jour je vais m’en remettre.
Quand j’étais au plus mal, les personnes en première ligne de mon mal-être et qui ont dû se mobiliser sont :
- ma famille immédiate
- mes amis les plus proches
La liste de mes soutiens professionnels jusqu’ici :
Ce n’est pas une faute de frappe, c’est bien une liste vide. Absolument aucune personne de mon ancien boulot ne m’a soutenu. Tous les regards se sont détournés, que ce soit pendant ce que je subissais sous leurs yeux et aujourd’hui depuis que la maladie m’a touché. Ce qui m’amène à m’interroger sur mon engagement professionnel. A quoi bon se donner corps et âme pour un système qui vous déshumanise ?
Jusqu’ici j’ai eu la chance de faire un job que j’aime, aujourd’hui je n’en suis plus sûr. Au boulot on va nous demander d’être engagé, impliqué, moteur, passionné. Les bureaux afficheront des posters sur l’importance de la collaboration, de l’esprit d’équipe, du soutien. Lors des séminaires d’entreprise on n’hésitera pas à parler de l’importance de la bienveillance en affichant les résultats de nos actions collectives. Tout cela je l’ai vu, vécu, entendu. La belle façade qui masque la déshumanisation en coulisses.
Quand on arrive aussi bas qu’on en vient à regarder sa propre mort dans les yeux, les premières personnes à subir cette descente avec vous sont vos proches. Tous les jours j’ai des moments de rechute qui peuvent causer de l’inquiétude à des gens pour qui je compte. Aujourd’hui, je ne peux constater à quel point l’environnement professionnel dans lequel j’ai pu évoluer était inapproprié. Tous ceux qui en demandaient toujours plus jusqu’à essayer de vous humilier et détruire publiquement sont les premiers absents face à la maladie qu’ils ont alimenté.
Ceux qui en subissent les conséquences avec moi ce sont en premier lieu ma famille. Et croyez-moi, c’est difficile quand ils ont en face d’eux quelqu’un qui n’a envie de rien et malgré tout ils gardent espoir et cherchent des solutions pour vous aider. Et il y a les amis proches qui soutiennent, envoient des messages, appellent, proposent des activités en sachant qu’ils risquent d’essuyer un refus. Mais ils sont là et leur soutien est important.
Tout cela m’amène à me questionner sur la façade du monde professionnel. Et si au fond j’avais eu tort de m’être autant engagé dans cette profession ? Est-ce que mon tort n’est pas d’avoir cru qu’ils étaient capable de me soutenir alors que pendant des années il y avait des signes de destruction ? Est-ce qu’un environnement professionnel dans lequel je me sens bien existe ? Honnêtement à ce stade je ne sais plus même si au fond de moi j’ai encore envie d’y croire … Et j’espère que la prochaine fois je ferai attention à moi, pour moi en premier mais aussi pour ceux qui tiennent sincèrement à moi et que je ne remercierai jamais assez ❤️.
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