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Doit-on ressembler à un dépressif pour l'être ?

Hurt
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C’est quelque chose que j’ai dû gérer quand j’ai décidé de me faire accompagner : est-ce qu’on va me croire ?

La fatigue du masquage

Quand j’étais au plus bas, ma vision du monde était très déformée : chaque interaction était un danger potentiel et je sentais que j’avais énormément du mal à me faire comprendre. Pour moi c’était important de bien me faire comprendre par les médecins et psychologue. Je partais du principe que si je n’arrivais pas à me faire comprendre cela allait retarder ma guérison. Par conséquent, avant chaque rendez-vous je me retrouve à préparer et structurer mon discours, identifier les sujets importants à discuter et m’assurer que j’arrive à les exprimer clairement. Cette préparation ajoutait à ma fatigue mentale mais me semblait nécessaire mais une fois le rendez-vous passé je me sentais épuisé, j’analysais le rendez-vous en me demandait si c’était clair.

Et parce que la vie d’adulte est ainsi faite, je devais appliquer la même préparation pour chaque autre type de rencontre (donc non médicale), mais cette fois-ci pour masquer la maladie et essayer d’avoir une vie sociale normale. Les sorties avec les amis, le rendez-vous au garage, le coiffeur, tous les rendez-vous de la vie demandaient une concentration maximale afin que la dépression ne prenne pas le dessus. Alors au mieux je fais au mieux pour essayer d’imiter celui que j’étais avant, au pire j’esquivais ces rendez-vous mais ça avait tendance à m’isoler de plus en plus, les choses à faire s’empilaient et ça augmentait mon anxiété, plus il y en avait et moins j’en faisais … bref, le cercle vicieux était activé.

Le revers du masquage

Le fait de porter le masque de celui qui va bien peut donner l’impression que je tout va bien et que j’ai juste un coup de fatigue. Ça peut être rassurant pour l’entourage car leur inquiétude est limitée mais ça peut aussi compliquer les choses pour psychiatre et psychologue si je suis plus préoccupé par l’image que je renvoie plutôt que de dire les choses telles que je les vis. C’est probablement une déformation de la vie d’adulte qui nous pousse à ne montrer que le bon côté de nos vies.

C’est aussi un équilibre à trouver car je me dis que plus je me convaincs que je vais mal et moins vite je me rétablirais, tout en sachant que faire semblant de bien aller me coûte beaucoup trop d’efforts et peu empêcher les autres à s’adapter à mon état à un instant T.

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