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Anhédonie, la perte de plaisir

Hurt
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L’anhédonie est l'incapacité d'un sujet à ressentir des émotions positives lors de situations de vie pourtant considérées antérieurement comme plaisantes. Concrètement ça ressemble à quoi dans mon cas et comment j’essaye d’y remédier ?

Le sport comme médicament

J’ai régulièrement fait du sport tout au long de ma vie, plus ou moins rigoureusement mais toujours avec une envie de me dépenser. Quand j’ai commencé à ressentir les symptômes de ma dépression et que je sentais que quelque chose n’allait pas j’ai eu la chance d’avoir déjà été sensibilisé à la santé mentale. Une chose revenait régulièrement : l’importance de conserver une activité physique. Ayant ça en tête, je continue à caler des séances de sport dans mes journées. Y aller est difficile, j’effectue ma séance en pilotage automatique, mais je me dis que c’est comme un médicament qui déclenche des mécanismes biologiques qui finiront par m’aider à aller mieux.

L’alimentation, l’autre médicament

Tout comme le sport, j’ai eu la chance d’avoir rapidement été sensibilisé à l’importance d’une alimentation équilibrée, et cela m’aide aujourd’hui dans ce que je traverse. Je ne suis pas très strict et je m’accorde quelques écarts (surtout par facilité), mais globalement j’essaie de manger correctement en me disant que cela devrait m’aider aussi. Par contre il n’y a plus vraiment de plaisir à choisir ce que je vais manger. Je le fais par automatisme parce qu’il faut bien manger. Les aliments ont bien du goût mais c’est plutôt la notion de savourer un bon plat qui a disparu.

Pour autant j’essaye d’être régulier sur mes repas et je m’accorde des repas à l’extérieur en me disant qu’avec le temps mon cerveau se rappellera que je pouvais en faire des tonnes devant un bon plat.

Les films, les podcasts, la lecture

C’est simple, je n’y arrivais plus. Regarder un film était impossible, j’écoutais un podcast comme avoir un bruit de fond qui me sortait de mes pensées mais sans vraiment suivre ce qui se disait, et quand j’ouvrais un livre je tournais en boucle sur le même paragraphe car j’étais systématiquement interrompu par des pensées intrusives.

Notez que j’en parle au passé. J’ai récemment réussi à trouver de l’intérêt dans un film, j’ai réussi à trouver un livre suffisamment facile à lire pour que je réussisse à le terminer (ça me rassure, à force de chercher quelque chose de facile à lire j’aurais fini par lire Oui-Oui). La satisfaction de terminer un livre l’emporte sur le plaisir de l’histoire et lire à l’extérieur dans un café fonctionne pour le moment et j’espère que petit à petit ça m’amènera vers la lecture de livres professionnels plus complexes. Au passage, je note que les activités actives comme la lecture ou l’écriture (comme l’écriture de ce blog) travaillent mieux ma concentration que les activités passives (podcasts, films).

La vie sociale

L’envie de voir des gens n’est plus là et paradoxalement la solitude abime. Le manque d’énergie et la perception que j’ai de moi-même fait que, par défaut, lorsqu’on me propose de sortir mon premier réflexe est de refuser. Pour autant, à partir du moment où le diagnostic a été posé, on m’a rappelé l’importance de l’appui social et le risque de l’isolement. Donc j’ai commencé à dire oui même si l’envie n’était pas forcément là en me disant qu’avec le temps mon cerveau se rappellera que de voir mes amis était associé à la joie. Aujourd’hui ce n’est pas un mauvais moment que je passe avec eux. C’est neutre avec de temps en temps de bouts de plaisir.

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